Pourquoi les bébés souffrent-ils de plus en plus d'eczéma du nourrisson

L’eczéma du nourrisson, autrement appelé la dermatite atopique, est une maladie bénigne, mais dont il faut s’occuper sérieusement, afin de s’en débarrasser définitivement et éloigner les risques de récidive. Outre les causes naturelles liées à l’hérédité, les facteurs environnementaux et la vie urbaine ne cessent de faire augmenter le taux d’enfants qui souffrent de cette pathologie assez désagréable à supporter.

Qu’est-ce que l’eczéma du nourrisson ?

L’eczéma constitue la maladie de peau la plus fréquente dans les pays occidentaux. Elle touche majoritairement les enfants et on estime qu’elle a doublé, voire triplé dans certaines zones, depuis les trente dernières années. Les pays industrialisés sont davantage touchés. Les statistiques avancent le chiffre de 15 à 30 % d’enfants atteints, selon les pays, et 2 à 10 % pour les adultes.

L’eczéma est considéré comme une maladie génétique. Généralement, il disparaît aux alentours des 4 à 6 ans, dans huit cas sur dix. Il n’est pas contagieux.

Le problème de l’eczéma est que son mécanisme n’est pas encore bien établi par les scientifiques. Pour l’instant, il est considéré comme un désordre génétique qui délabrerait les cellules de la peau et le système immunitaire, et affaiblirait leurs défenses contre les allergènes. Il est aussi établi qu’il est influencé par le stress, ainsi que certaines substances chimiques qui entrent à notre contact.

Les symptômes de l’eczéma du nourrisson

Si son processus est encore mal connu, l’eczéma est facile à détecter, car ses symptômes sont évidents. Il provoque la sécheresse de la peau et produit des plaques rouges. Il évolue par poussées inflammatoires qui sont particulièrement impressionnantes chez les tout petits. Après l’âge de 5 ans, il devient moins spectaculaire, même s’il reste désagréable.

L’eczéma produit des plaques rouges qui peuvent suinter. Elles sont localisées un peu partout sur le corps : épaules, plis des poignets, coudes, cuisses, fesses et dos, ainsi que sur le visage : front, menton et joues. La peau s’assèche, ce qui a pour conséquence d’accroître sa perméabilité et de la rendre plus sensible aux infections.

Après la poussée, les plaques forment de petites cloques très serrées, puis elles se transforment en croûtes. Si l’eczéma est bien traité, il ne laisse aucune cicatrice. Il faut cependant tout faire pour que l’enfant n’écorche pas ses boutons.

Durant toute la durée de sa manifestation, l’eczéma démange le bébé qui devient irritable et peine à dormir.

Pourquoi l’eczéma du nourrisson devient-il plus fréquent ?

Les médecins constatent une augmentation constante de l’eczéma depuis des décennies. Le fait le plus marquant qui ressort de l’analyse de toutes les statistiques collectées est que l’accroissement des cas est très disparate selon le milieu de vie. Pour commencer, ce sont les pays développés qui sont le plus touchés, ensuite, il apparaît nettement que les enfants des villes sont plus concernés que les enfants de la campagne.

L’influence des villes et de la pollution

Les statistiques indiquent nettement une progression de l’eczéma chez les enfants qui habitent dans les grosses agglomérations. La pollution de l’air serait la première fautive. Même si sa tendance est à la baisse dans de nombreuses villes, le trafic routier reste important, d’autant qu’il ne baisse pas en périphérie. Il faut aussi compter avec les usines aux abords des villes, ainsi que les équipements dans les bureaux et logements : chauffages, climatiseurs, réfrigérateurs, appareils électriques en tout genre qui dégagent de la chaleur, etc. Tous ces phénomènes alourdissent l’air qui est en plus captif entre les immeubles et s’évacue mal.

À l’opposé, l’air dans les campagnes circule beaucoup mieux et la pollution de chaque maison individuelle est rapidement disséminée dans l’atmosphère.

Le meilleur système immunitaire dans les zones rurales

Les enfants des zones rurales sont en contact avec la nature et les animaux. Ils rencontrent beaucoup plus de micro-organismes et microbes auxquels leur propre organisme s’habitue. Leur système immunitaire est donc mieux « éduqué », par rapport aux enfants qui grandissent dans un milieu urbain. Leur peau est ainsi plus apte à se défendre contre les agressions extérieures.

Les enfants de la campagne vivent davantage à l’extérieur et sont aussi plus exposés aux intempéries. Ceci a aussi pour effet d’habituer les cellules de la peau à se défendre, en fonction de facteurs divers. En ville, et surtout dans les grosses agglomérations, les saisons se font beaucoup moins sentir. Les températures connaissent moins d’écarts et l’exposition au vent et au soleil est réduite.

En se forgeant de meilleures défenses immunitaires, les enfants de la campagne sont logiquement moins touchés par l’eczéma.

L’eczéma en fonction des saisons

Il apparaît que les cas d’eczéma sont beaucoup plus nombreux au printemps, ainsi qu’en hiver. Pour ce qui concerne le printemps, le facteur incriminé par les chercheurs est le pollen. À cette saison, les pollens en suspension dans l’atmosphère se multiplient, même dans les villes qui disposent toujours d’espaces verts.

Pour l’hiver, les médecins ont tendance à imputer la faute au froid qui dégrade les défenses naturelles de la peau. D’autre part, le froid a tendance à assécher la peau, ce qui constitue un facteur aggravant pour les enfants qui présentent déjà des fragilités à ce niveau.

Les allergies alimentaires

Les allergies alimentaires représentent également un facteur aggravant pour le développement de l’eczéma. Si votre bébé est allergique aux œufs, aux protéines du lait de vache, à l'arachide ou tout autre produit, il court davantage le risque de développer de l’eczéma.

Si vous soupçonnez une allergie quelconque chez votre nourrisson, vous devez impérativement consulter un pédiatre qui vous permettra d’en déceler l’origine précise et de prendre les mesures pour que votre enfant ne coure aucun risque.

Produits d’hygiène naturels contre produits industriels

Dernier facteur déterminant quant à la sensibilité de la peau chez les nourrissons, le choix et la fréquence d’utilisation des produits d’hygiène.

Les effets secondaires des produits d’hygiène sont de plus en plus décriés et force est de constater qu’un virage s’est amorcé en faveur des produits naturels et des produits bio. Les cosmétiques industriels contiennent des ingrédients chimiques qui sont souvent agressifs pour la peau et ont tendance à affaiblir ses défenses naturelles. Il faut aussi tenir compte de tous les additifs qui n’ont qu’un but marketing, mais aucune vertu pour l’organisme. Il s’agit principalement des colorants, émulsifiants et arômes artificiels.

Leur intérêt psychologique est indéniable, car une jolie couleur et une odeur agréable vous influencent inconsciemment. Quant aux émulsifiants, ils utilisent une association d’idées automatique : quand ça mousse, ça nettoie. Il s’agit en réalité d’un ressenti qui ne s’appuie sur aucune base sérieuse.

Les produits naturels ont de moins jolies couleurs, sentent souvent moins fort et moussent beaucoup moins, et pourtant, ils nous sont beaucoup plus bénéfiques.

D’autre part, il faut tenir compte de la fréquence d’utilisation des produits hygiéniques et ne pas tomber dans l’excès. Il est important que votre enfant soit propre bien sûr, mais il ne faut pas dénaturer ses défenses immunitaires, et notamment celles qui se situent dans les cellules de la peau. Il est donc important de ne pas appliquer de lotion à tout moment, mais de laisser ses cellules créer leur propre barrière cutanée.

Si vous, votre conjoint ou quiconque de vos deux familles a souffert d’eczéma durant sa petite enfance, vous devez redoubler de précautions dans le choix de vos cosmétiques. Vous trouvez facilement aujourd’hui des produits bio très doux pour la peau de votre nourrisson.